Association Québécoise des Traumatisés Crâniens
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Mission

La mission de l'AQTC

L'Association québécoise des traumatisés crâniens est un organisme sans but lucratif dont la mission est de :

  1. Défendre et promouvoir les droits et les intérêts des personnes traumatisées cranio-cérébrales et de leurs familles, notamment :
    • Sensibiliser la population en général et des groupes particuliers aux besoins des personnes traumatisées cranio-cérébrales (TCC) et leurs familles.
    • Informer les personnes traumatisées cranio-cérébrales et leurs familles sur leurs droits de même que sur les ressources disponibles.
  2. Favoriser le maintien ou l'amélioration de la qualité des conditions de vie des personnes traumatisées cranio-cérébrales ou de leurs familles, notamment :
    • Créer et dispenser des services propres à répondre aux besoins des personnes traumatisées cranio-cérébrales ou de leurs familles.
    • Supporter le maintien ou la création de services propres à répondre aux besoins des personnes traumatisées cranio-cérébrales et leurs familles.

Pour bien comprendre la mission de l'Association, notons que les services sont offerts non seulement pour les personnes traumatisées cranio-cérébrales et leurs familles mais également pour les proches [1]. On peut penser ici aux amis de la personne traumatisée crânienne, à des professionnels impliqués auprès d'elle, etc.

Par ailleurs, pour ce qui est de la défense et de la promotion des droits, l'AQTC ne fait pas de défense de droits au niveau juridique comme tel. Cependant, pour assurer l'exercice des droits à l'égalité pour ses membres, l'AQTC se donne comme moyens : de soutenir la personne dans ses démarches en incluant la référence vers des ressources juridiques si nécessaire, d'exercer une médiation entre les différents professionnels impliqués auprès de la personne (médecin, travailleur social, avocat, agent de liaison à la SAAQ, à la sécurité du revenu, etc.), et de participer à différents comités de défense des droits (Regroupement des associations de personnes traumatisées cranio-cérébrales du Québec, le transport adapté, etc.).

Finalement, pour ce qui est de « favoriser le maintien ou l'amélioration de la qualité des conditions de vie des personnes traumatisées cranio-cérébrales ou leurs familles », nous devons comprendre par cela que l'AQTC offre des services de support à l'intégration sociale des personnes traumatisées crâniennes.


[1] Pour les besoins de ce présent document nous inclurons également la famille sous le vocable «proches».

Les objectifs

Objectif général

L'Association québécoise des traumatisés crâniens vise à offrir des services de support individuel et de groupe, des services de promotion des droits et d'intégration sociale pour les personnes TCC et leurs proches.

Évaluer de façon globale les besoins et intérêts de la personne TCC et des proches.

Objectifs spécifiques

  • Favoriser l'acquisition de compétences de base à partir du vécu partagé.
  • Favoriser le maintien des acquis chez les membres.
  • Développer l'autonomie et la reprise de pouvoir sur sa propre vie.
  • Assurer l'accessibilité aux services de santé (services sociaux inclus) pour la clientèle.
  • Jouer un rôle de médiateur entre les différents intervenants impliqués auprès de la personne (intervenants sociaux, médicaux, judiciaires, etc.).
  • Favoriser l'utilisation par la clientèle des autres ressources de la communauté.
  • Favoriser la participation active des membres dans la vie associative de l'AQTC.
  • Favoriser et soutenir la continuité dans l'intervention par un accompagnement à moyen et à long terme lorsque nécessaire.

La population visée

La clientèle visée est constituée de :

  • Personnes présentant un traumatisme crânien léger, modéré ou sévère.
  • Les proches de cette dernière (amis, familles, professionnels)
  • Résidents des régions de Montréal et de Laval.
  • Âge : Il n'y a pas de limite d'âge, toutefois les services sont le plus souvent adaptés pour la clientèle adulte. Les demandes de suivi pour les enfants et les adolescents seront évaluées et l'AQTC fera tout en son pouvoir pour répondre aux besoins exprimés.
  • Les services sont offerts en francais et en anglais.
  • Les personnes référées doivent accepter minimalement l'aide offerte.

Les caractéristiques ci-haut mentionnées doivent être vues comme des indicateurs permettant de mieux délimiter la population desservie; elles ne doivent pas être perçues, cependant, comme des critères rigoureux d'inclusion ou encore d'exclusion. En ce sens, la majeure partie de la population visée se retrouve en phase 4 du processus de réadaptation, mais il n'est pas exclu que des services soient offerts pour les phases 1-2-3 (par exemple, le proche qui vient d'apprendre le traumatisme et qui a besoin d'aide, la personne TCC en réadaptation qui veut voir comment fonctionnent nos services, etc.). Par ailleurs, si la personne présente une problématique associée (santé mentale, toxicomanie, etc.) celle-ci ne constitue pas pour l'AQTC un critère d'exclusion.

La philosophie d'intervention

À l'heure actuelle, on peut avancer qu'il n'y a pas de définition précise de ce qu'est un traumatisme crânien car, on le comprendra, la complexité de l'humain et de son contexte social dépasse de loin le simple fonctionnement mécanique du corps et plus spécifiquement du cerveau. Ainsi, parfois les séquelles physiques ne sont pas toujours importantes mais l'impact sur la personne et ses proches, lui, est des plus dévastateurs. Bref, le pronostic quant au traumatisme crânien demeure des plus flous et comme le souligne Masahiro Nochi [2] « Malheureusement, les découvertes en médecine et en neuropsychologie n'ont révélé que peu de choses sur la façon dont ces personnes envisagent l'avenir avec leur déficience, pas plus qu'elles n'ont élucidé la détresse psychologique qui l'accompagne ».

Le traumatisme crânien ne frappe pas une population spécifique, une classe sociale ou encore un groupe particulier car personne n'est à l'abri d'un accident. Les personnes qui deviennent membres de l'AQTC partagent bien les conséquences d'un traumatisme crânien à divers degrés mais les intérêts, le statut social ou professionnel, l'origine ethnique et l'âge quant à eux varient beaucoup. Ainsi, les membres, qu'ils soient médecin, pilote, étudiant, jeune décrocheur consommateur, retraité, alcoolique, etc., porte une histoire, leur propre histoire qu'on ne saurait réduire qu'au traumatisme et par conséquent l'AQTC se fait un devoir d'aider chacun d'eux. Par ailleurs, par les séquelles laissées, visibles physiquement ou non, la personne TCC s'éloigne de la norme sociale et elle devient par conséquent sujette à la marginalisation [3].

C'est pour cette raison, entre autres, que l'AQTC vise l'intégration sociale de la personne traumatisée crânienne. Pour mieux comprendre cette notion d'intégration sociale, disons que notre objectif premier, à l'AQTC, est d'offrir à la personne TCC une aide qui lui permette de s'accepter telle qu'elle est, telle qu'elle est devenue et à mener une vie la plus épanouie possible. Bref, nous ne visons pas nécessairement un retour aux études, au travail ou une vie sociale bien remplie, mais bien des objectifs réalistes qui permettront à la personne d'être plus confortable dans son quotidien. De façon générale, nous pouvons dire qu'à l'AQTC nous travaillons avec les grands principes suivants, soit :

À prendre en considération son environnement (contexte social) : La personne traumatisée crânienne a à faire face à certaines situations de vie difficiles (la perte d'emploi, le transport adapté pour certains, un changement de statut social et familial, l'isolement, etc.). Or, à l'AQTC, nous ne croyons pas que seule la personne TCC et/ou encore ses proches sont responsables de l'intégration sociale de la personne TCC. En fait, certains facteurs sociaux et l'organisation des services des institutions sociales jouent également un rôle; ceux-ci peuvent constituer soit une embûche ou encore un moyen facilitant pour une bonne intégration de la personne à son milieu.

  • À considérer la personne comme étant unique : l'aide apportée à la personne sera adaptée à sa situation.
  • À respecter son rythme de changement : aucune intervention n'est imposée à la personne et l'aide offerte peut varier en terme de temps selon la capacité de changement de la personne.
  • À accueillir la personne comme elle est : aucune personne n'est laissée de côté parce qu'elle présente certaines caractéristiques qui socialement sont peu valorisées. Cependant, comme partout ailleurs, les comportements violents qui risquent de mettre en péril le bien-être des autres personnes ne peuvent être acceptés.
  • À respecter ses choix : tout en prenant en considération le degré de vulnérabilité et de dépendance de la personne, l'autonomie de la personne ne doit pas être compromise indûment. En fait, nous devons tout faire pour s'assurer qu'une action posée respecte le choix de la personne.

[2] Article traduit par Jenny Gabriel, paru dans la revue Disability and Society, vol.12, no 4, septembre 1997. Pour plus de détails, voir : Handicaps et inadaptations, les cahiers du CTNERHI, Centre Technique National d'Études et de Recherches sur les Handicaps et les Inadaptations, Paris no 75-76, juillet-décembre 1997, p.50

[3] Il n'est pas rare de voir par exemple qu'une personne tcc perde ses amis suite à son accident, car ces derniers ont l'impression de ne plus la reconnaître, qu'une autre devienne de plus en plus isolée, car elle n'arrive plus à établir aussi facilement qu'avant des liens interpersonnels, qu'une personne tcc qui retourne au travail se retrouve en conflit parce qu'elle a des changements d'humeur, qu'elle se sent souvent fatiguée et qu'elle n'arrive plus à produire comme avant, etc.